Hsen Ouelhazi (Tunisie)
Le malheur de Belgacem
Il
était une fois, un jeune homme qui s’appelle Belgacem. Il vit seul. Il n’était
pas marié. Il avait un frère qui s’appelle Boujemaa. Il vit prés de lui avec sa
femme. Boujemaa était riche et pourtant il n’aidait pas son frère. Belgacem
était un bûcheron. Il ne gagnait pas assez pour vivre. Il était souvent faim.Un
jour, pendant qu’il asseyait sous un vieil olivier, pleurant en sanglot, se
lamentant, une silhouette se présentait devant lui et lui disait :
-Oh! Pauvre homme! Pourquoi tu pleures ?
Comment je peux t’aider ?
-J’ai faim. Je n’ai pas mangé depuis trois
jours. Je veux manger bien.
-Prends ce plat mets le devant toi, ferme les
yeux et songe au repas que tu souhaites, puis ouvre les yeux. Fais les mêmes
étapes chaque fois que tu veux manger.
En un
clin d’œil la silhouette disparaissait. Belgacem met le plat devant lui, ferme
les yeux et pense à un couscous avec de
la viande, puis il ouvre les yeux. Quelle surprise!! Un plat luxueux est à
portée de sa main. Le soir, devant le plat, il pense à une viande cuite et aux
légumes et soudain tout ce qu’il souhaitait était sur sa table. Belgacem était
drôlement content. Quel bonheur! Il se soulevait, faisait la prière et remerciait
Dieu.
Un jour
Boujemaa rendait visite à son frère pendant que Belgacem prenait son déjeuner.
Dés que Boujemaa voyait le repas de son frère, il restait bouche bée. Comment
Belgacem pourrait-il obtenir ce déjeuner royal ? Quelle énigme!! Boujemaa
essayait de cacher sa surprise. Depuis cet évènement, Boujemaa fréquentait la maison de son frère pour
découvrir le mystère de ce luxe soudain de son frère. Un jour, en espionnant
son frère, il voyait toutes les étapes que faisait Belgacem et comprenait le
pouvoir magique du plat. Il rentrait à son palais et racontait à sa femme tout ce qu’il voyait. Sa méchante femme et
lui décidaient de prendre le plat quelques soient les conditions. Demain
Boujemaa visitait son frère. Il lui demande de lui prêtait son beau plat parce
qu’il a des visiteurs importants.
Belgacem refusait au début mais quand son frère lui demandait pourquoi il
refusait, il se taisait et lui donnait le plat à contre cœur. Tous les
bienfaits du plat magique est maintenant à Boujemaa. Avec l’aide d’un artisan
habile, Boujemaa fabriquait un plat qui ressemble au plat magique. Après deux
jours Boujemaa donnait le plat fabriqué à son frère. Se trouvant seul, Belgacem
ordonnait du couscous, mais rien ne se passait. Il demandait du miel, du lait…
mais le plat restait toujours vide. Belgacem faisait rage toute la nuit, mais
il ne pouvait rien faire.
Le jour d’après, dés l’aube Belgacem prenait la
route vers la forêt avec sa hache. Après quelques heures de travail, il
essayait sous un olivier, pleurant en sanglot. Soudain la silhouette se
présentait devant lui :
-Bonjour vieux bûcheron.
-Bonjour, je suis heureux de te voir de
nouveau.
-Pourquoi tu pleures?
-On m’a pris mon cher plat. Je suis vraiment
dupe. Je mérite se qui m’arrive.
- Ne t’inquiète pas. Je vais t’aider mais sois
vigilant cette fois. Je te donnerai un tamis, quand tu verses de l’eau dedans,
l’eau tombe des fils d’or.
En un clin d’œil la silhouette disparaissait.
Un tamis orné, posé sur l’herbe devant
Belgacem. A la hâte, il prenait un bidon
prés de lui et versait de l’eau sur le tamis. « Hourra!! Hourra!! »
S’écriait le bûcheron. Avec des yeux toutes ouvertes, Belgacem contemplait l’or
sur sa main. Puis il se mettait à danser en chantant « je serai riche…
waou…. je serai riche…. waou ». il s’allongeait sur l’herbe et regardait
le ciel, «j’achèterai de beaux habits, un magnifique palais, je ma marierai,
j’achèterai des fermes, des champs… » Effectivement Belgacem avançait
des pas dans la réalisation de son projet. Son
frère Boujemaa constatait le changement brusque du niveau de vie de son frère.
Il se demandait jour et nuit et avec souffrance «Quelle est la cause de cette
richesse?». Cette question l’irritait beaucoup, il ne pouvait plus dormir. Un
jour, il frappait à la porte de son frère, mais les gardiens l’ont empêché
d’entrer.
Après la
permission de son frère, il a pu enfin entrer. Boujemaa disait d’une voix
humble.
-Tu ne sais pas cher frère combien je suis
heureux de te voir vivre dans ce confort.
Belgacem lui répondait après un toussotement.
-Merci.
-Sincèrement tu mérites ce luxe. Tu as beaucoup
travaillé. Tu t’es donné beaucoup de peine, mais ne me dis pas que ce luxe
provient du bois.
-Si, ma fortune est issue de mon travail.
-Mais tu ne travaille plus.
-Oui, durant les années précédentes, je faisais
des économies.
-Franchement, cher frère, je ne suis pas
convaincu.
- Tu es libre.
Boujemaa
quittait son frère enragé. Il croyait que son frère cachait le secret de sa
fortune. Il disait à voix basse «je le saurai tôt ou tard».
Pour arriver à son but
Boujemaa choisissait le serviteur le plus naïf et le plus proche de son frère.
Il le séduisait à espionner son frère en le promettant un bonne récompense s’il
lui apportait de bonnes nouvelles. Après quelques jours le secret a été
dévoilé. Pour garantir la possession du tamis Boujemaa promettait au serviteur
qu’il lui fournissait la fortune, la cachette et la protection. Après la
possession du tamis, Boujamma chargeait son serviteur fidèle d’expulser le
traître serviteur de son frère dans une ville lointaine.
Quand
Belgacem s’était rendu compte de la disparition du tamis, il s’était pris par
la vertige. Il s’était enfermé dans sa chambre pour des jours. Il ne
rencontrait personne, mangeait à peine. Enfin il décidait de quitter la ville.
Il n’avait de pas de chance. Après le confort qu’il a vu, il ne pouvait pas
supporter les regards dédaigneux des autres. Dés l’aube il quittait sa demeure.
Mais pour aller où? Lui-même ne savait pas. Après sept jours de marche, il
rencontrait dans une clairière des gens qui pleuraient tous. Tous étaient des
adultes. La majorité était des hommes, mais il y avait aussi des femmes. Il
croyait que ces gens étaient malchanceux comme lui. Sa présence ici n’était pas
un hasard, surement Dieu avait guidé ses pas pour trouver l’endroit qu’il
mérite. Sans parler à aucun, il s’était mis à pleurer.
Tout à coup un vieillard tout blanc s’était
mis debout devant lui.
-Mais qu’est-ce que tu fais ici monsieur?
-Comme tu vois, je pleure comme ces gens car je
n’ai pas de chance.
-Mais ces gens ne pleure pas parce qu’ils n’ont
pas de chance. Ces gens sont punis à l’éternité parce qu’ils étaient égoïstes,
avides et cupides. Toi, tu es digne d’une vie honorable. Ferme les yeux! Ouvre
les yeux! ».
Quand
Belgacem ouvrait les yeux, il se trouvait dans une ville propre. Il commençait
à explorer la ville. Des larges rues, des gens heureux, des boutiques bien
organisées. Tous les genres de légumes et de fruits sont présents. On dirait
que c’est le paradis.
Le plus
frappant dans cet endroit c’est que les gens vendaient et achetaient sans
argent. Le seul mode de paiement était de dire « je vous souhaite le
bonheur » c’est l’unité de vente. Cette phrase se répète selon la valeur
de la marchandise. Pour un kilo de pommes l’acheteur devait dire au vendeur
cinq fois « je vous souhaite le bonheur». Le prix de deux kilos de pommes
était dix fois « je vous souhaite le bonheur». Il n’y avait pas d’argents
tout s’exécutait avec la parole. Belgacem se sentait soulagé.
Il se
disait «voilà la vie que je cherchais depuis longtemps. Voilà la cité idéale.
Tout est basé sur la parole, or la parole ne coute rien». De prime abord il
avait acheté une maison meublée, puis il se dirigeait vers le fruitier. Il
achetait des dizaines de kilos de fruits de toutes sortes. Chez le boucher, il
achetait des dizaines de kilos de viande… Au coucher du soleil sa maison était
remplie d’une nourriture de plus d’un mois. Après le dîner, il dormait
paisiblement.
Le matin quand il se réveillait, il se trouvait parmi les gens qui
pleuraient. Il se criait « Quoi ? » Le vieillard tout blanc se
présentait tout d’un coup devant lui et lui disait: « Maintenant tu peux
pleurer à ta guise Tu es dans l’endroit qui te convient. Tous ces gens étaient
comme toi dans le paradis, mais malheureusement ils ne le méritaient pas.
Pourquoi tu cherches à accaparer tous ce que tu trouves dans ton chemin ?
Tous les bien étaient à portée de ta main et à tous instants mais tu n’es pas
digne du paradis. Monsieur tu peux te lamenter parce que tu n’as pas de chance,
c’est un malheur de ne pas avoir de chance, mais le pire des malheurs c’est de
ne pas garder le bonheur qu’on a. malheureusement je ne donne des leçons
qu’après coup». En un clin d’œil le vieillard disparaît.