"L'optimiste fait son paradis, et le pessimiste fait son enfer"
Nous pouvons comparer
l'optimiste et le pessimiste avec deux personnes qui voient un verre à moitié
pleine. L'optimiste considère que la quantité existante est une bonne chose puisqu’elle
satisfait du moins partiellement le besoin. Le pessimiste ne voit et ne parle
que de la partie vide et il se lamente parce que la coupe n'est pas pleine.
Les deux personnes voient la même chose et
pourtant ils n’ont pas le même regard. Lequel a le droit?
Si
nous contemplons les deux situations, nous découvrons que l'optimiste essaie
d'exploiter ce que la vie lui offre (ce qui ne
signifie pas qu’il se contente de ce qui se présente à lui), tandis que le
pessimiste exige à la vie, il croit qu’il est digne d’une coupe pleine. Il y a
une sorte de respect excessif de soi. Au contraire, l'optimiste est humble. Il
accepte le peu et aspire au mieux.
De cet exemple, nous comprenons que l'optimiste est
quelqu'un qui se concentre sur l'aspect positif de la vie et voit que les
événements vont vers le mieux, et que demain est meilleur qu'aujourd'hui. Au
contraire, le pessimiste voit que l'homme existe pour être manipulé par destin
et que les événements vont vers le pire. Le pessimiste est un individu mélancolique.
Qui
a raison? Devrions-nous être optimistes ou pessimistes?
Si nous regardons la vie de l'individu de la
naissance à la mort, nous pouvons seulement dire que c'est un voyage de
tourment. L’être humain naît nécessiteux comme tout être vivant. Il a besoin de
nourriture, d'eau, d'air, de vêtements et d'éducation ... et passe sa vie à
courir après ses besoins, qui sont le plus souvent imposées. La vie est une
lutte dont les déceptions sont plus nombreuses que les victoires. En fin de
compte, la maladie surmonte l'homme et le tue. Pouvons-nous le nier? La vie
n'est pas au niveau de l'attente humaine. Un homme qui respecte son humanité se
considère digne d'une vie meilleure que le mode de vie existant. Il semble que
l'homme, au fur et à mesure qu'il se développe, haïsse la vie. La vie en tant
que recherche sans merci des besoins du corps, peut convenir à l'homme
primitif, mais ne convient pas au philosophe contemporain ou au savant qui
dirige les missiles. Il semble que l’esprit humain va se développer à un stade
où il croit qu’il est plus grand que la vie et que cette vie n'est pas son lieu
noble, ou comme disait Camus il juge que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue.
C'est ce qu'on peut dire si on
discutait le sujet d’un point de vue théorique et philosophique, mais si on le
discutait par le critère d'intérêt, alors là nous nous déplaçons vers une autre
rive. Pour réaliser ses intentions et suffire à ses besoins: l'individu doit
être doux, modeste et optimiste. C'est ce que la vie quotidienne exige. Chaque
personne doit être optimiste dans un monde de chaos. Tout ce qui existe nous incite
au pessimisme et ne suit pas la logique acceptable ou une morale vertueuse. La
vie exige que l'homme vive en niant que l'avenir peut nous apportera des tremblements
de terre, des inondations, des incendies et des maladies. Bref il doit vivre
sans penser ni à son exposition aux maladies, ni à sa mort dans l’avenir. En
fait lorsque nous demandons à un individu d'être optimiste dans cette vie,
c’est comme si nous demandons à un individu de sourire lors de son exécution. Les deux demandes ont difficiles.
Mais c'est ce que doit être et ce devoir fait partie de l'irrationalité de
cette vie.