"Un homme doit éviter les désirs qu'il ne peut satisfaire qu'avec l'aide de l'autre." Jean-Jacques Rousseau
La
première question qui nous vient à l'esprit lorsque nous lisons cette phrase
est: Que faisons-nous des désirs sexuels tant qu'ils ne sont satisfaits qu'avec
autrui? Mais en réalité on doit élargir le contenu du désir dont parle
Rousseau. Une personne n'a pas besoin de l'autre comme sujet sexuel uniquement.
Il a besoin d'un enseignant, d'un médecin, d'un marchand, d'un boulanger, d'un
charpentier, d'un forgeron ... et il a besoin d'aimer et d’être aimé. Il a
également besoin d'un ami pour lui révéler ses secrets, l'entendre, le comprendre
et le soulager. Un compagnon est indispensable dans les moments critiques.
Une personne ne peut vraiment être un être
humain que si elle entre dans une relation avec autrui. Elle ne pouvait suivre
les conseils de Rousseau sans devenir sauvage. L'acceptation de son idée ne
nous conduit-elle pas à l'isolement, à l’insociabilité et au narcissisme? La phrase
de Rousseau nous met entre deux choix difficiles: la liberté et la privation ou
la soumission et la satisfaction. En fait, la relation avec autrui n'est pas
aussi sombre.
La libido, selon
Freud, est l'énergie sexuelle qui nous pousse à rechercher le plaisir avec autrui.
La libido est une pulsion naturelle. Pourquoi Rousseau nous appelle-t-il pour
éviter les plaisirs qui ne sont rassasiés qu'avec les autres? Y a-t-il un
danger dans cette tendance si l'autre personne a lui-même cette tendance? Le
danger est la perte de liberté. Ce problème peut devenir insignifiant lorsque
le désir de chacun du couple est le même. Mais ce problème devient épineux
lorsque le désir de l’un s' éteint alors qu'il reste brûlé chez l’autre. Imaginez l'ampleur et les
types de problèmes que rencontrerait une personne qui resterait attachée à une
personne qu'elle n'aimait pas.